Une tourbière parmi d’autres

Il est une des tourbières qui tient plus particulièrement à cœur à l’auteur de ce site. Elle n’est pas très grande, elle est bien discrète dans la hiérarchie des tourbières du plateau, elle n’est pas l’objet de mesures de préservation particulières et pourtant elle présente quelques caractéristiques que d’autres pourraient lui envier.

D’abord, elle a beaucoup d’une grande : quelques bouleaux, les indispensables sphaignes, mais aussi selon les saisons, trèfles d’eau, comarets, orchidées, laiches…. Elle abrite grenouilles, oiseaux et libellules de toutes sortes et il arrive même que quelques chevrettes viennent y mettre bas.

Puis, elle joue la mondialisation et héberge quelques spécimens de tourbières d’autres continents parmi lesquels sarracénias et  dionées. Elle a également adopté le bouleau nain, largement présent dans les tourbières de Franche-comté par le passé et aujourd’hui pratiquement disparu.

 

Tourbières et plantes carnivores!

Pourquoi les plantes carnivores ont-elles élu domicile dans les tourbières et pas dans votre jardin?

Les plantes tirent généralement du sol les nutriments indispensables à leur croissance. Mais dans milieux tels que marais ou tourbières, le sol est trop pauvre en azote et en d’autres éléments pour subvenir à leur besoin.

Comment alors se procurer ces compléments alimentaires indispensables ? Si plusieurs solutions existent, les plantes carnivores ont  choisi la prédation ce qui n’est pas une mince affaire, lorsqu’on est incapable de se déplacer ! Un handicap qu’elles ont surmonté en élaborant des stratagèmes sophistiqués afin d’attirer, de capturer puis de digérer d’autres êtres vivants, principalement des insectes, pour compléter leur régime alimentaire.

Trois types de pièges ont été imaginés:

  • les pièges à loup qui ressemblent à une paire de mâchoires garnies de dents.
En savoir plus sur les pièges à loup

Pour ces pièges qui se rencontrent chez les dionées, les feuilles s’élargissent à leur extrémité pour se diviser en deux lobes ovoïdes bordés de nombreux cils qui s’imbriquent lors de la fermeture pour empêcher la fuite de la proie. A la surface des deux lobes, s’implantent trois poils sensibles, « les déclencheurs», disposés en triangle. Au contact d’une proie, attirée par la coloration rouge des lobes et la présence de glandes nectarifères, les poils sensibles actionnent la fermeture de la mâchoire. Les lobes se replient en premier pour piéger la proie et permettre aux cils de s’inter-croiser. La poche ainsi formée permet la digestion de la proie grâce à des glandes situées à la surface interne des lobes.

 

Extrait de la brochure « plantes carnivores ».
  • les pièges à glu qui rappellent le papier collant « attrape-mouche».
En savoir plus sur les pièges à glu

Les feuilles de ces plantes sont parfois en forme de «tentacules». Elles sont recouvertes de petits poils terminés par une glande qui secrète des gouttelettes adhésives (mucilage) sur lesquelles les proies se collent pour être ensuite digérées. Pour Drosera  la feuille se replie progressivement vers la zone de capture afin d’amener un grand nombre de tentacules autour de la proie pour la digérer. L’ensemble du processus peut durer 1 minute à plusieurs heures. Par la suite, les tentacules se détendent pour reprendre leur position initiale.

Extrait de la brochure « plantes carnivores ».
  • les pièges à urnes où les feuilles transformées évoquent des tubes, des vases.
En savoir plus sur les pièges à urnes
Les Sarracenia ont des pièges constitués de feuilles transformées en cornets tubulaires. Les insectes, attirés par des glandes nectarifères, pénètrent par l’ouverture qui est située près du sommet du piège. La paroi interne de ce dernier est visqueuse ou garnie de poils dirigés vers le bas empêchant toute remontée. Les proies se noient dans le liquide de digestion contenu dans le fond du piège.
Extrait de la brochure « plantes carnivores ».

Les plantes carnivores ne pousseront pas dans votre jardin, la terre est trop riche en nutriments qui sont devenus un poison pour elles.